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Passé par la franchise d’Edimbourg, le technicien globe-trotter du XV de France connaît très bien l’adversaire des Bleus. Suivez le guide !

S’il y a bien un technicien dans le staff tricolore tout indiqué pour décrypter le jeu écossais, c’est assurément Philippe Doussy, le nouveau responsable du jeu au pied et des skills (ndlr, l’habileté technique).

L’ancien entraîneur adjoint du FC Grenoble, déjà affecté des mêmes compétences sur les bords de l’Isère, a en effet passé une saison entière auprès de la franchise d’Edimbourg (2013-2014), rejoignant Alan Solomons, le coach sud-africain, qui était déjà son patron quand il dirigeait la franchise des Kings à Port Elisabeth.

Une expérience enrichissante pour ce voyageur invétéré (il a également officié en Italie), impressionné à l’époque par l’approche extrêmement pragmatique du rugby de haut niveau.

« Chez eux, tout est professionnel et structuré. Contrairement à nous, ils savent optimiser leurs qualités naturelles. Ils n’ont pas peur d’oser et de s’exprimer. »

Le jeu écossais n’a pas fondamentalement changé. « Ils ont toujours été très mobiles. Mais aujourd’hui, ils ont accentué cet avantage. Ils mettent beaucoup de vitesse dans le jeu. »

Une volonté assumée de tenir le ballon et de produire du jeu, quitte à se faire contrer comme la semaine dernière à Cardiff (7-34).

« Un accident « selon Doussy. « Ils ont pris une interception qui leur a coupé les pattes. Mais ils valent mieux que cela. »

« Il faut les obliger à défendre, c’est moins dans leur ADN »

Les individualités sont ciblées. Laidlaw en 9, Russell en 10 ou Hogg à l’arrière. « Des joueurs de classe mondiale » prévient le Dacquois d’origine. D’où l’obligation de ne pas leur laisser le ballon. « Il faut les obliger à défendre, c’est moins dans leur ADN » insiste-t-il.

La parade est connue. Cela passe par un gros match des avants et une conquête irréprochable. « Devant, on est mieux armés » confirme Doussy, en pensant notamment à la mêlée, où l’Ecosse doit se passer de deux premières lignes complètes sur le carreau. Il insiste. « Il faudra être pragmatique avec un jeu au pied de pression et ne pas leur laisser le moindre ballon de contre-attaque. »

Philippe Doussy connaît le scénario. Encore faut-il que les Bleus le mettent en scène. « Les Écossais ne vont pas nous le donner le match. À nous de le construire. » D’où l’importance du coaching et d’un banc sans doute plus confortable côté français quand il faudra forcer la décision à l’heure de jeu avec des remplaçants de qualité. « C’est en tout cas notre stratégie » conclut le technicien tricolore. Il faut juste espérer que le XV du Chardon n’aura pas mis le feu avant…

Source: LeProgres